
Aevum
Réserve de marche: 192 h, 18000 alt/h
Aevum est un mot latin désignant l'éternité ou le flux du temps (par opposition à chronos, ou temps chronologique).
Le projet « AEVUM » explore la perception du temps à l'ère de l'interaction numérique constante. Il invite les spectateurs à rejeter la tyrannie d'un temps linéaire et quantitatif (le temps comme ressource) et à renouer avec une expérience cyclique et qualitative du temps (le temps comme expérience).
L'objet est un monolithe d'aluminium anodisé à la surface mate, évoquant un totem minimaliste. Sa face avant présente un cadran simple, sans chiffres, uniquement composé d'index à empattement. L'élément dominant est l'aiguille des heures, dont le mécanisme est apparent, transformant une action fonctionnelle en une performance.
Le concept « AEVUM » est né de l'idée d'une déconnexion numérique pour les personnes vivant à un rythme effréné. Loin des appareils électroniques, elles découvrent que leurs rythmes internes se synchronisent non pas avec une horloge, mais avec la lumière naturelle.
Nous souhaitions créer un objet à l'opposé du smartphone. Non pas un appareil qui capte l'attention, mais un artefact qui nous reconnecte au flux de la journée. Il ne s'agit pas d'une montre, mais d'un « indicateur de rythme ».
Techniques artistiques clés :
1. Déconstruction de la mesure du temps : Le rejet des chiffres est un geste de rejet du système de mesure habituel. Le temps n'est plus une valeur à calculer. Il est une expérience, une phase, une ambiance.
2. La matière comme affirmation : L'aluminium, matériau de l'aéronautique et des appareils numériques, symbolise le temps stérile, « technogène ». Son esthétique froide contraste avec l'idée « chaleureuse », poétique, d'inversion des phases. C'est une métaphore de la recherche de l'humain au cœur de la machine.
3. La main comme médiatrice : Les quatre faces de la main ne sont pas seulement colorées, mais composées de collages de couleurs réalisés à partir de fragments de photographies numériques (ciels pixélisés, lumières de la ville, textures). Ainsi, l'aiguille devient un instrument optique à travers lequel nous scrutons les « vestiges » du temps réel.
• Un côté – les couleurs du matin : du blanc nacré à l'orange (l'aube).
• Le deuxième côté – les couleurs du jour : du jaune vif (midi) au blanc (après-midi).
• Le troisième côté – les couleurs du soir : de l'or au violet (le coucher du soleil).
• Le quatrième côté – les couleurs de la nuit : la lumière des étoiles (la nuit).
Nous souhaitons que chaque coup d'œil à notre montre nous rappelle non pas le temps qui passe, mais l'instant précis que nous vivons. C'est là la véritable magie.


